Rencontre avec la tribu Massaï

Publié le par Lucie

Bonjour à tous,




Voilà un article qui vient (presque) clôturer le chapitre de mes échappées sauvages au Kenya. Car si le Kenya est perçu à raison comme le pays des safaris et le lieu de tournage privilégié des documentaires animaliers, on oublie trop souvent que le Kenya est la terre de peuples. Le peuple Kenyan, bien sûr, mais en son sein, on discerne plusieurs tribus. Dont la tribu Massaï. La tribu massaï est une tribu assez connue dans le monde occidental, certainement du fait qu'elle vit de part et d'autre de la frontière Kenya/Tanzanie... c'est-à-dire non loin des grands parcs animaliers de l'Afrique de l'Est. Les rencontrer aux pieds du Kilimandjaro ne relevait pas du hasard : au contraire, c'était l'endroit rêvé pour découvrir la culture de cette tribu qui a su conserver absolument toutes ses traditions. Malgré toutes les incitations des gouvernements de ces deux pays pour les sédentariser à l'aide d'une "économie" agricole, la tribu Massaï est restée
pastorale, dépendante de son bétail qu'elle fait passer d'un côté de la frontière à l'autre au gré de la savane. 



Vous avez déjà, au moins une fois dans votre vie, vu un reportage sur les Maasaï. Rappelez-vous : cette tribu qui se nourrit beaucoup du sang chaud de ses vaches sans même les tuer, qui tire un prestige incroyable de la mise à mort d'un lion lorsqu'il menace son troupeau, dont les lobes d'oreille sont très étendus et percés par des objets dont l'épaisseur nous ferait tourner de l'oeil, nous pauvres occidentaux, en deux secondes, cette tribu qui accorde un sens très particulier au port de bijoux en perles... et surtout : cette tribu dont la danse principale réside dans le saut des hommes à pieds joints, le plus haut possible... ??? Je suis sûre, avec ces indices, que vous pouvez mettre plus facilement un visage sur les Masaï.


Personnellement, j'ai été happée par la chaleur de l'accueil de ce peuple et par l'authenticité de leur mode de vie. Immergée dans un village, je n'ai pas vraiment ressenti de peine devant son dénuement apparent. J'ai plutôt été frappée par l'organisation interne et cette habilité de faire d'un rien un tout. Tiens, de la bouse de vache... si je la gardais pour me faire une petite case qui résiste au temps en la séchant au soleil ? Ce que je veux dire par là, c'est que sa connaissance des apports de la nature l'aide à aller au devant des premières nécessités de la vie... ce qui n'est pas le cas d'autres villages dans le monde, littéralement abandonnés à leur triste sort. Sans compter que les rares villages masaï qui acceptent de faire entrer dans leur sein quelques touristes sont toujours gagnants... J'en suis repartie avec une foule d'objets, un masque, des colliers, un bracelet, ou encore une massue, négociés auprès des femmes du village... parce qu'il me semblait essentiel d'apporter ma petite pierre à l'édifice de la préservation de cette société et de son harmonie. 

Un vrai coup de coeur donc... j'ai pu danser avec les jeunes femmes masaï (dieu que mes cuisses ont souffert!), tenter des approches avec les tout-petits apeurés (il ne fallait pas que la grande dame blanche aux cheveux tressés et qui montre tant ses dents s'approche trop quand même...), voir la petite maison circulaire d'une famille après y avoir été conviée (4 mètres carrés à tout casser pour 7 personnes, et personne ne se plaint, bien au contraire), et discuter avec un jeune homme de 27 ans... considéré donc par les siens de vieux. Ce jeune homme, que seules 3 petites années séparaient de moi, m'a beaucoup marquée. Atteint d'une poliomélyte (je présume) qui a empêché la croissance d'une de ses jambes, il se déplaçait tant bien que mal à l'aide d'un bâton de bois. Il m'a demandé en anglais (je ne maîtrise pas encore le swahili, encore moins le maa, qui est le langage tribal) ce que je faisais dans la vie. De fil en aiguille, il en est venu à me demander si Guillaume était mon frère. Notre rencontre, très forte, a été celle de deux cultures, avec pour maîtres mots le respect et l'échange. Un homme qui se tenait si proche de moi sans être mon époux ne pouvait être que mon frère. Je lui ai dit que non, le présentant alors comme mon fiancé, pour mieux me faire comprendre (NOOOOOON, il n'y a pas encore de mariage dans l'air, Marine, remballe ta tenue de témoin, et Angeline, arrête de sauter !). Je lui ai alors demandé si lui était marié. Sa réponse : "The women of my village are not like you". Dramatiquement, j'ai compris. En discutant avec lui, et en étant sincèrement intéressée par sa vie et ses valeurs, j'en avais oublié son handicap. Handicap que personne n'oublierait jamais dans son village. Cet homme-là ne se marierait jamais... pour ne pas être exclu un jour, il deviendrait le savant, enseignerait, éduquerait. C'était la seule place à laquelle il pouvait prétendre. Un homme malade qui ne peut pas chasser ne doit pas se reproduire sous peine d'affaiblir la collectivité. Raisonnement implacable. 




Encore une fois, je pense que les images parleront d'elles-mêmes...



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Pour finir, parce que je le vaux bien :



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A bientôt !

Publié dans Echappées Sauvages

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Commenter cet article

Lucie 19/09/2007 05:06

Ma belle Marianne, je t'achète un sac Quechua dès que possible.  J'ai le droit de venir avec toi ?

Marianne Debiesse 18/09/2007 15:13

Ma chère Lucie,Tu me fascines, me donnes envie de m'armer d'un gros sac quechua et de suivre les mêmes chemins que toi...Je vous embrasse toi et ton guerrier de l'air !