QUINZEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!

Publié le par Lucie

Conscience professionnelle de blogger, nostalgie, amour fou pour l'hiver québécois, je ne sais pas exactement ce qui me pousse à vous conter, seulement aujourd'hui, un épisode crucial de mon séjour au Québec : mon week-end de survie de mi-mars 2008, une semaine après que la tempête de tous les records se soit abattue sur ma ville. Il est vrai que jusqu'à présent, le temps m'avait manqué. Aujourd'hui, je sue sous le soleil de Cognac (oh oui, je sue, je sue, je suuuuue), dès demain, je soumettrai mon corps nu à la canicule cubaine... c'est donc avec grand plaisir que je me replongerai l'espace de quelques lignes dans les frissons que m'auront valu ces centaines de cm de neige.




Pour cela, mettons-nous en situation. Nous sommes le samedi 15 mars 2008. C'était le temps où pas un rai de lumière ne filtrait au travers de mon igloo. Une légère appréhension me tenaillait le ventre, mais deux éléments majeurs m'ont motivée à suivre mon amie Julie dans sa folie (oui, Julie, te voilà à nouveau vedette d'un de mes articles!) :

1) le dimanche d'avant, je m'étais retrouvée coincée dans un trou de neige en marchant sur la cime d'un arbre (en écrivant cette phrase, j'ai comme l'impression de décrire un autre monde). Or, l'alerte rouge ayant été donnée, aucun téméraire passant n'aurait pu remarquer ma tuque rouge qui dépassait et m'aider à me dégager sans m'enfoncer davantage. Que voulez-vous, ce sont là les aléas des hivers de grand malade. Du jour au lendemain, ce genre d'aventures ne m'est plus parue purement sado-maso, sinon potentiellement utile.

2) je dois dire qu'il n'y a pas de meilleur booster qu'un besoin fou de se changer les idées, après un coup bas par exemple. Merci à toi JC de m'avoir donné la gnaque. :-)



C'est donc harnachée comme une mule, sans oublier mes sempiternelles raquettes, que je me suis jetée à corps perdu dans la voiture de Julie.




Cap sur un chalet complètement perdu dans un coin isolé... et donc rarement déneigé : Saint-Raymond. Histoire que notre mort passe bien inaperçue ! Non mais, vous me connaissez, hors de question que je dérange qui que ce soit, moi je sais me foutre dans la merde EN SILENCE (que ceux qui songent à se jeter sous un métro parisien en pleine heure de pointe en prennent de la graine).








Le but du jeu : en pleine nature, là où il n'y a rien, pas de téléphone, pas de commerce, pas de voisin, SURVIVRE. D'une part, en trouvant le moyen de faire un feu (autant dire qu'avec toute cette neige, je m'étais faite à l'idée de me manger un ou deux orteils). D'autre part, en bâtissant, en équipe, le grand, le fameux, l'unique quinzee de Saint Raymond. Histoire d'avoir un refuge où passer la nuit tranquillement, sans être soumis au vent ou autres intempéries... et se réchauffer par la seule économie de son énergie corporelle.
ça a l'air bien technique comme ça... et ben ça l'était. Enfin si on jouait le jeu jusqu'au bout : évidemment, sur les 9 personnes participantes, 8 avaient un cellulaire à utiliser en cas d'urgence. Evidemment, le tout petit chalet de bois susmentionné (appartenant à Jean-Eric), ouvrait sa porte aux plus fainéants.




Dans la joie et la bonne humeur, j'étais bien décidée à relever le défi, guidée par les plus expérimentés du groupe. Avec le recul, non seulement j'ai appris à gérer la sensation mordante de ces grands froids (humides pour le coup) qui vous traversent toute la colonne jusqu'à la pointe des cheveux, mais en plus... je me suis amusée comme larron glacé en foire.




Si une ride a un jour le malheur de se pointer sur mon faciès, je vous assure que je fais un scandale.

Publié dans Club Laval

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